Comme un hymne à la tolérance…

Juger une personne ne définit pas qui elle est, cela définit que vous êtes.

Je trouve en ces quelques mots bien posés une grande source d’inspiration. Comme la sensation qu’ils viennent de me connecter à des souvenirs d’hier et aujourd’hui.

30 années à travailler et m’impliquer dans de grands groupes avant de m’offrir la liberté. Agro-alimentaire, électronique grand public, téléphonie mobile, et dernièrement dans des groupes de partage.

Au cours de ces expériences, j’ai souvent été bouleversé par les comportements de mes contemporains. Le plus souvent, mes questions restaient sans  réponse.

  • Pourquoi celui-ci avait-il à ce point besoin de pouvoir, au point de trahir ses amis ?
  • Comment se fait-il que dans un groupe de collaborateurs, ce soit le moins compétant ou méritant qui reçoive une promotion ?
  • Comment est-il possible que dans deux services identiques, puisse d’un côté régner la sérénité, quand l’autre équipe semble vivre un enfer ?
  • Pourquoi ce manager est-il si empathique et celui-ci tellement méprisant ?
  • Pourquoi le plus méprisant est-il respecté et promu par la direction alors qu’il démolit ses collaborateurs ?
  • Comment est-il possible que ce collaborateur ait été viré à la surprise de tous, alors que de toute évidence il faisait bien son travail ?
  • D’où vient cette jalousie qui anime certains, ce besoin de critiquer, de planter par derrière un couteau dans le dos de celui qui t’a tendu la main, qui a accepté de donner sans recevoir ?
  • Pourquoi celui qui réussit, se bat, fait si souvent l’objet de critiques ?
  • Et ces chefs qui sont suspicieux, qui font courir des rumeurs, épient leurs collaborateurs, traquent la moindre faille, dénoncent, jalousent. Qu’est ce qui peut bien les animer ? Eux même ne le savent pas, tant ils sont persuadés d’être dans la vérité.

Bien entendu vous les connaissez. Bien entendu que vous les côtoyez. Vous avez même des noms et des visages qui vous viennent à l’esprit, des blessures qui deviennent plus vives quand vous posez les mains sur ces douleurs d’autrefois.

En fait ils souffrent tous. En chaque personne qui brise, manipule, attaque, critique, élimine, casse, abuse de son pouvoir, dénonce, il y a des plaies béantes invisibles et profondes qui saignent encore. Un peu comme cet iceberg, dont la partie immergée aurait été abimée à certain moment de son évolution. Alors, pour ne pas sombrer, il coule les autres icebergs, dit qu’ils sont moches et sales, puis fait fondre la banquise. Comme si pour lui, à cet instant, le fait de rendre les autres moches et petits, lui donnait la sensation de s’embellir, de grandir, comme un regain de pouvoir. En fait, seule sa perspective s’est modifiée et il ne le sait pas. C’est une illusion. Au fond de lui, à l’abri des regards, son cœur saigne.

J’ai méprisé ces icebergs, j’ai à mon tour essayé de les couler pour le mal qu’ils faisaient. Je me suis épuisé au mépris de ma santé, de mon sommeil, de ma sérénité. Des nuits à essayer de comprendre pourquoi.

A quoi bon. Eux même ne le savent pas. Qui suis-je pour juger qui que ce soit ?  Comment pourrais-je changer le monde ? Et pour le changer comment ? A mon image ? Je suis incapable de comprendre mes propres blessures. Pas assez de recul.  Que pourrais-je bien comprendre puisqu’il n’y a rien à comprendre de rationnel à nos comportements les plus déviants ou nuisibles. L’étude de l’hypnose et de la programmation neurolinguistique a ouvert et apaisé mon esprit, modifié mes croyances, augmenté mon seuil de tolérance qui parfois, mis à l’épreuve de l’incroyable, réactive mes vieux démons. Tellement fragile cette évolution. Trop récente.

Imaginez, un peu. Les chercheurs en neurosciences nous disent que quelque chose en nous, que nous appellerons l’inconscient, a la capacité de capter, de scanner autour de nous entre 7000 et 9000 informations à la seconde, chaque seconde de notre existence et ce depuis le 1er jour et peut-être même avant. 750 millions par jour. 300 milliards par an. Notre inconscient c’est la partie immergée de cet iceberg qui est en nous. Notre cerveau contiendraient jusqu’à 100 milliards de neurones, chacun pouvant faire jusqu’à 10.000 connexions, comme autant de souvenirs, de mémoires d’autre fois, de stratégies inconscientes. A chaque instant de notre vie, notre inconscient fait du mieux qu’il peut pour nous faire survivre, nous protéger de nous et des autres, compte tenu de ces milliards de milliards de données emmagasinées, de stratégies élaborées avec application. C’est son job.

Une stratégie inconsciente, c’est l’assemblage de 3 paramètres. Une croyance, un état interne (Un ressenti), et un comportement. Cela semble venir de nulle part. Cela vient de l’intérieur, sans prévenir, sans parler. Comme si à cet instant, j’étais persuadé, au plus profond de moi, que ce que j’ai de mieux à faire, c’est d’éliminer de mon écosystème, de mon groupe, cet individu beaucoup trop performant. Peu importe que cela fragilise mon édifice, que cela altère la performance de mon équipe ou détruise ce que j’ai construit. C’est plus fort que tout. Il faut que je coule cet Iceberg beau et fort, que les autres admirent et respectent. Des fois qu’il me fasse de l’ombre. Des fois qu’il s’élève plus haut que moi. Des fois qu’il ose se faire de la publicité et que sa lumière me mette dans l’ombre. Alors j’invente et j’impose mon dictat, je fixe mes règles. Je terrorise. Parce que quand j’étais petit, papa souffrait tellement de la réussite des autres, des plus forts que lui. Il était humilié. Il a fait une dépression. Il s’est pendu. Alors, 30 ans plus tard, je décapite tout ce qui dépasse. Je ne sais même pas si cela me rassure consciemment. En fait je le fais. Comme un truc qui vient de l’intérieur. De très loin, bien en dessous de la surface de l’eau.

Ce manager homophobe que j’ai fréquenté dans une autre vie. Sur une autre planète. Il martyrisait les jolies femmes et les homosexuels. Le pauvre. Que de souffrance. Lui qui n’avait jamais osé choisir ou assumer, se noyait chaque jour de sa vie dans un océan d’aigreurs, de jalousies et de regrets.  Pour ne pas avoir à regarder ces garçons qui enflammaient son corps, son âme et ses sens, il tentait de les éliminer, insultait, humiliait. Et  Il essayait de se protéger de ses démons. Il essayait de se protéger de papa qui disait que si un jour il avait un fils pédé, il le tuerait direct.

Et ce praticien, quelle que soit son activité, qui doute de la réussite de ses confrères tant son propre échec est visible et douloureux. Il critique, accuse, calomnie élimine, juge. En fait, il souffre. Alors je ne le blâme plus. J’ai même de la compassion. Pas de peine. Juste un mélange de compassion, de tristesse et de pitié. Qui suis-je pour le juger ? J’ai compris depuis peu le début de l’ombre d’un échantillon de la complexité des hommes. Au mieux je tends la main. Au pire je l’éloigne de mon écosystème, comme une stratégie consciente et maitrisée de protection. Sans jugement.

Si je le juge, je sais qu’au fond de moi, c’est un signe. Le signal que cette plaie est encore trop vive.

 

Bonne et belle journée

Olivier LARUELLE

Et si vous faisiez germer le potentiel qui est en vous… ?

www.hyfocomhypnose.fr

 

 

3 réponses
  1. Armelle dit :

    Mon Dieu Olivier,si tu savais ce que je vis moi même dans mon service à l’hôpital et c’est Parceque je fais au mieux ,je m’éloigne de façon virtuelle ,ne pouvant faire autrement ,pour tenir.et il y a tellement de personnes qui souffrent..ok nous ne jugeons passer mais pour autant je ne me musèle pas car les consciences doivent s’éveiller sur le mal être.pour ma part ,elles m’ont mises au placard à cause de mon handicap ..je dérange par ma détermination à rebondir…ton récit c’est du vécu..et nous sommes malheureusement nombreux à souffrir de ce genre d’attitudes j’ai la chance d’avoir trouvé la force aujourd’hui du lâcher prise bien que parfois comme aujourd’hui il y a des moments où tu te demandes combien de temps vais je tenir …Belle soirée

  2. Bitan Adrien dit :

    Merci Olivier pour ce bel article éclairant et qui donne à réfléchir. Il montre ton riche parcours de vie et une réflexion humaniste sur les comportements humains. Bravo. Hâte de te rencontrer en vrai. Bises

  3. Requejo Daniel dit :

    « Je suis à 100% créateur de ma réalité. » Voilà le mantra, empruntè à ho’opponopono (google est votre ami…), que je me récite, quand je vois quelque chose qui me gène chez mon alter ego. ça recadre instantanément mon envie de prendre une position haute, en me mettant un balai dans les mains, pour balayer devant ma porte. Le bon cotè est que je suis CREATEUR.

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