L’intention positive de l’inconscient : Facteur clef du succès en thérapies brèves.

-« Jusqu’à ce que vous soyez conscient de l’inconscient, celui-ci dirigera votre vie et vous l’appellerez destinée ».

Par une froide matinée de janvier,  j’ai rencontré Cathy, 37 ans, chirurgienne de son état. Elle a une phobie insupportable de l’avion qu’elle a pris pour la première fois à 35 ans, 2 ans avant de venir me consulter. Ce jour-là, cette phrase de Carl Jung a pris toute sa dimension.

Kathy prend place à côté de moi, me regarde et fond en larmes. Elle tente de m’expliquer entre deux sanglots que chaque fois qu’elle prend l’avion, elle vomit. Plus précisément, au moment précis où un de ses pieds quitte la passerelle et prend contact avec l’avion, elle vomit.  Elle ne comprend pas qu’il soit possible de ressentir cela. Elle sait très bien que l’avion n’est pas dangereux. Elle est scientifique. Son esprit est très rationnel.

Entre 35 et 37 ans, Cathy a pris 10 fois l’avion. A 10 reprises elle a été prise de ces nausées incontrôlables.

Puis Cathy me livre cette anecdote. Lors de son 1er voyage en avion, son père et sa mère étaient en sa compagnie. Elle leur offrait le voyage pour leur retraite. Ses parents qui ont pris la mesure de sa phobie dans toutes ses dimensions se sont souvenus d’un évènement qui s’était produit 31 ans plus tôt. Voici ce qu’ils lui ont raconté.

Cathy avait 4 ans. Dimanche 14H. Elle regarde un dessin animé. Ses parents font la vaisselle dans la cuisine. Ils reviennent dans le salon et découvrent Cathy prostrée et en larmes devant la télévision. Son dernier repas avalé quelques minutes plus tôt a recouvert ses vêtements et la table basse du salon. Son dessin animé a été chassé par un flash spécial. Un avion s’est abîmé sur une montagne. 311 morts. Aucun survivant. Cathy ne comprend pas la signification de ce flash. « Un avion s’est abimé » n’a pour une enfant de 4 ans pas plus de signification que la mort de 311 personnes ni même que celle du mot survivant ou catastrophe aérienne. Et puis il y a les commentaires de ses parents qui s’agitent autour d’elle en commentant le drame auquel ils assistent presque en direct en épongeant les malheurs de Cathy.

Cathy n’a pas le moindre souvenir conscient de cet instant en dehors de ceux relatés par ses parents. Pourtant, ce jour-là, quelque chose s’est produit. Son inconscient a enregistré des informations utiles. Une croyance qui pourrait peut être ressembler à ceci : « Prendre l’avion, c’est mortel ! ». Et puis ce jour-là, son inconscient cherche à la faire réagir. Il fait l’inventaire des possibilités. Cathy ne dispose pas de nombreuses ressources. Pas moyen de la faire relativiser. De lui faire prendre de la distance. Trop petite. Pas assez de ressources.  Pas assez de vécu. Alors Il lui propose un cocktail de larmes et de vomi et encode cette stratégie. Un peu comme s’il décidait de graver cela sur un disque dur pour le reste de sa vie.

30 ans plus tard. Cathy est dans son canapé. Ordinateur sur les genoux. Elle vient de taper les 12 chiffres de sa carte bleue, la date de validité et le cryptogramme visuel. Au moment où elle valide son achat avec la touche « enter », de la pointe des pieds à la tête, elle sent un courant électrique d’effroi s’emparer d’elle. Son inconscient vient de comprendre qu’elle va prendre l’avion. Il n’en est pas question. Il veille sur elle. Il est là pour la protéger. 30 ans plus tôt, ils avaient vu à la télévision un flash spécial. Il voudrait lui hurler de ne pas faire cela. Trop dangereux. Trop mortel. Mais il ne parle pas l’inconscient. A chaque seconde de la vie de Cathy, il scande des milliards de données enregistrées, de croyances, de souvenirs, puis il lui génère un état interne et y associe au bon moment un comportement. C’est sa manière à lui de veiller sur elle. Ses intentions sont toujours positives. Il fait toujours du mieux qu’il peut.

Alors les jours passent. Chaque instant qui rapproche Cathy de la date de son départ vers le Sénégal, l’intensité de la peur monte. Elle devient insupportable. Cathy est maintenant insomniaque. Elle est épuisée. Elle doit renoncer à travailler.

Le jour J arrive. Son inconscient veut la protéger. Il ne veut pas qu’elle prenne l’avion. L’intensité de la phobie de Cathy est à son apogée. Seulement elle doit partir. Elle avance dans la passerelle. Elle est fébrile. Au moment où elle met le pied dans l’avion, son inconscient dont l’intention positive est de la protéger de ce danger mortel, se souvient d’une stratégie adoptée 30 ans plus tôt. Et il la fait vomir. Et à chacun des 9 vols suivants, il adoptera la même stratégie, le même comportement inconscient qui prenait ses racines 30 ans plus tôt.

Cathy s’est libérée de sa phobie en une séance d’hypnose. Elle est entrée en contact avec cette partie d’elle qui la protégeait d’une manière qui ne lui convenait pas. Un peu comme si le conflit entre son désir conscient de prendre l’avion en étant heureuse de partir en vacances et ce comportement inconscient aux intentions positives était réglé.

Derrière chaque comportement, une intention positive sommeille. En prendre conscience est un pas en avant vers le changement désiré.

 

Chacune de ces situations et tant d’autres nous en apportent la preuve au quotidien.

Comme l’histoire Michel, ce fumeur de 57 ans qui  pensait que sans cigarette il n’était pas un homme. Son inconscient en le faisant fumer lui donnait cette contenance.

Sophie se souvenait qu’elle admirait sa maman lorsqu’elle la voyait fumer.  Le seul moyen selon elle d’être une femme. Son inconscient lui offrait cette opportunité avec 30 cigarettes par jour depuis 30 ans et sa santé se dégradait.

Eric dont le papa emboutisseur chez Renault allumait une cigarette chaque soir en rentrant du travail avec cette phrase : « Un bonne petite cigarette, ça va me détendre ». 50 ans plus tard il était persuadé que le fait de fumer était une source de détente. Quelle belle croyance. Il cherchait même de bonnes raisons d’être énervé en générant des conflits pour pouvoir se détendre avec une cigarette.

Caroline à qui un garçon de 18 ans ami de la famille avait mis la langue dans sa bouche quand elle en avait 8. A 40 ans elle n’avait jamais pu sortir avec un garçon surtout si c’était un ami. Cela lui donnait la nausée. Son inconscient la protégeait d’une telle expérience. Le seul fait de prendre conscience de cet évènement a partiellement réglé son problème.

Elodie qui avait eu un conflit violent avec son conjoint avant de prendre l’autoroute 10 ans plus tôt. Depuis elle avait la phobie de ces voies de circulation, et même de tous les panneaux bleus.

Marie avait pris 30 kg en 6 mois après avoir quitté son mari pervers narcissique. Il n’humiliait publiquement lorsqu’elle se resservait de la nourriture. Son inconscient lui a  permis de se rattraper. Elle était enfin libre.

Marylin 10 ans avait vu sa maman fumer le jour où son papa avait perdu la vie. Elle disait que cela allait l’aider à passer le cap. Alors le jour où son papa est mort, Marylin s’est mise à fumer. A 40 ans. Cela allait l’aider à passer le cap…

…Dans chaque circonstance de notre vie, notre inconscient veille sur nous. A chaque seconde il nous protège. Il nous génère le meilleur comportement possible compte tenu des informations dont il dispose. Parfois, ce qu’il nous propose entre en conflit avec nos désirs conscients. Prendre conscience de notre inconscient est une étape pour reprendre le contrôle de notre destinée.

Prendre conscience de notre inconscient et de sa bienveillance nous offre en fait bien plus que cela. Il ouvre notre champ du possible. Adoucit notre regard. Augmente notre degré de tolérance. Nous permet de comprendre à défaut d’accepter.

A chacun de nous d’en tirer ses conclusions. En toute conscience…

 

O.Laruelle

www.hyfocomhypnose.fr

1 réponse
  1. Dagouret Annie dit :

    Notre subconscient veut se montrer utile et nous protéger à chaque situation de vie qui pour lui est traumatisante ( images et souvenirs perturbants ) ou moments heureux ( ancrages positifs ) ex : musique qui revient sur souvenirs heureux avec ancrages auditifs ou kinestésiques ou autres. Donc, l’inconscient fait ce qui lui semble  » le mieux pour nous  » , même si , comme la cigarette, cela nous semble très dangereux pour notre santé.
    C’est sa manière à lui, de nous Aimer.

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