Regards croisés sur une séance d’hypnose, quand l’inconscient génère ses propres métaphores.

Quel privilège dans une vie de praticien de croiser la route d’une personne comme Laure. Elle est venue un jour à ma rencontre me conter son histoire, me confier son envie de changement.

Nous nous sommes rencontrés 3 fois et elle m’a demandé de la guider vers 3 objectifs.

Voici le récit de notre première rencontre.

Le premier chapitre est consacré à la séance sous hypnose, à la description de la métaphore générée par son inconscient durant la transe, à la manière dont nous avons, ensemble, cheminé sur les chemins qui menaient au changement désiré. 

La second est dédiée aux effets positifs de nos rencontres,  Laure ayant eu la gentillesse de me faire parvenir ce récit, motivée par l’envie d’offrir au plus grand nombre le bien être qu’apporte une séance d’hypnose.

Merci laure et bravo. Que de potentiel en toi. Comme elles sont belles ces roses que tu as su faire germer. Comme elle est belle ta métaphore…

  

  1. La séance d’hypnose:

 Vendredi 2 septembre 15H en compagnie de Laure, 28 ans.

Laure désire entreprendre des « choses » sans redouter le regard des « autres ». Elle dit manquer de confiance en elle. Elle clarifie son objectif et souligne certains détails de sa vie. Comme si elle avait déjà identifié les racines de ces conflits intrapsychiques qui l’empêchent de bien vivre.

Je dessine une ligne du temps et parle à Laure de l’intention positive de son inconscient qui scanne à chaque instant de sa vie l’histoire qu’elle vient de me raconter. En fait il cherche à la protéger à chaque fois qu’elle s’expose, comme autant de stratégies bienveillantes élaborées pas à pas.

Laure me précise qu’elle ne pourra certainement pas lâcher prise. 5 minutes après elle est en transe. Son corps et son esprit parfaitement détendus. Ses traits s’apaisent, en état d’hyper concertation intérieure, comme en plongée profonde au-delà d’elle-même.

Elle remercie mentalement son inconscient et lui indique son objectif. Laure se parle dans sa tête. Elle communique en état d’hypnose avec cette partie d’elle-même qui cherche à la protéger. Elle établit le dialogue entre son conscient qui désire quelque chose, et son inconscient qui propose autre chose. Laure est décidée à éteindre le conflit entre ces deux parties qui veulent son bien, entre son désir conscient et son comportement inconscient. Elle rêve d’harmonie, de paix intérieure.

 

Nous entrons en transe hypnotique. Je guide Laure vers ses ressources:

OL : OK Laure, maintenant que ton inconscient connait ton objectif, nous allons toi et moi lui demander de te montrer ce quelque chose qui est en toi. Ce quelque chose qui fait que, dès que tu entreprends quelque chose qui va t’exposer, tu te mettais à douter. Ce quelque chose,  tu vas le modifier maintenant, comme autant de croyances, de programmes erronés que tu vas éliminer…

…10 secondes s’écoulent…

Laure : Je suis dans un jardin. Il y a d’immenses tournesols.

OL : C’est parfait. Que veux-tu faire ?

Laure : Les décapiter tous.

OL : OK vas-y. Dis-moi quand tu as terminé.

Laure : ça y est.

OL : Et maintenant, que veux-tu faire… ?

Laure : Planter des roses. (Je me dis que le ménage est fait. Que son inconscient lui montre déjà des ressources à récupérer. Erreur…Trop tôt…Trop vite…). Laure plante ses roses et se met à grimacer à se torde à pleurer, à faire des gestes. J’ai du mal à l’apaiser.

Laure : Dans la terre, il y a des choses qui tuent mes roses…

En guise de fusible, Je pose ma main sur la sienne et lui demande de sortir de son jardin et de se concentrer sur la douceur de ma main…Elle s’apaise instantanément.

OL : Bravo Laure. Ton inconscient vient de te montrer qu’il y a encore du changement à faire avant de faire germer les ressources dont tu as besoin. Ton inconscient va maintenant imaginer des stratégies pour que tu puisses  retourner dans ton jardin intérieur en toute sécurité pour continuer ce travail extraordinaire.

Laure : Il y a des asticots partout, la terre est pourrie. Il faut enlever la terre et tout ce qu’il y a dedans. Je fais venir un tracteur, des camions, je vais tout enlever.

5 minutes. Calme plat. Un sourire apaisé a pris la place de ses tensions. Laure fait venir de la terre neuve. Une terre nourricière dans laquelle toutes les ressources peuvent germer.

OL : Maintenant Laure, quelque part, tu vas trouver une belle boite.  Dans cette boite il y a des graines…Ces graines seront les ressources qui sont en toi et qui vont maintenant pouvoir germer.

Laure : ça y est. Je l’ouvre. 3 graines à l’intérieur. Je les plante, elles germent, elles poussent….

Laure allume sa lumière intérieure. L’intensité monte. Elle se sent de mieux en mieux. Elle me dit qu’elle sent la vie gagner chaque cellule de son corps et de son esprit. Elle frissonne de bien-être. J’ancre tout cela sur son épaule droite.

OL : Maintenant Laure, demande à ton inconscient de te montrer les impacts positifs de ce travail que tu viens de faire. Demande-lui de te projeter dans une situation de ton choix.

Instantanément le visage de Laure se crispe. Elle pleure. Trop tôt. Trop vite. Je ne lui ai pas demandé si elle avait d’autres choses à faire dans ce jardin. Erreur. D’autres ressources à récupérer.

Laure : Laisse-moi dans mon jardin s’il te plait. Je dois ranger et installer des objets.

5 minutes. La calibration ne laisse pas de place au doute. Il se passe plein de belles choses à l’intérieur. Des ressources se mettent en place. Puis elle me dit avec un beau sourire que c’est OK.

Pont vers le futur apaisé, SPH, amnésie, sortie de transe en douceur, 1H15 après y être entrée.

Un immense sourire illumine le joli visage de Laure.

Laure : C’est inimaginable. Je sens la vie qui circule dans chaque centimètre carré de mon corps…Je ne me suis jamais sentie aussi bien.

Laure quitte mon cabinet 2H45 après y être entrée. L’entretien téléphonique m’avait engagé à bloquer plus de temps que de raison pour cette séance.

Au-delà de cette première séance, j’ai revu Laure deux fois.

Et puis, un jour d’octobre, ce message de Laure est arrivé dans ma boite mail.

 

 

2. Le récit de Laure:

Je viens de vivre une expérience dans laquelle je ne me suis pas reconnue. Dans une situation où, il y a encore quelques mois, je me serais sentie mal à l’aise et pas à ma place, j’ai agi et parlé avec sérénité, assertivité et aplomb. J’ai encore du mal à réaliser les ressources que j’ai déployées depuis le début de mes séances d’hypnose, et qui m’étaient jusque-là inconnues et inaccessibles.

Pendant de nombreuses années j’ai eu peu d’estime pour ma personne, mon corps, mes idées, ma vie, mes réussites… J’attribuais peu de valeur et de légitimité à la personne que j’étais alors que j’en accordais aux autres. J’avais ancré dans mon fonctionnement que les besoins et envies des autres étaient prioritaires par rapport aux miens.

Ce mode de pensée jalonnait mes interactions sociales d’interdits et d’impossibles, et en particulier avec les hommes. Inconsciemment et par habitude j’évitais leur présence, de me confier à eux, de leur faire confiance, je rougissais quand ils me regardaient ou me parlaient, je baissais la tête, tournais le regard, je me sentais gênée, en insécurité, inintéressante…

Jusqu’au jour où, lasse de cette situation, j’ai décidé qu’il était temps de retrouver l’estime que j’avais perdue. J’avais déjà travaillé sur ce sujet en mettant consciemment en place de nouveaux comportements (me répéter tous les jours des phrases positives sur moi, me critiquer moins…). Cependant, cette technique m’avait apporté peu de résultats, me demandait beaucoup d’énergie et de temps, et les résultats disparaissaient dès que je relâchais mes efforts. Ainsi, cette fois, j’ai choisi de travailler ce sujet via l’hypnose car je savais qu’elle permet de « reprogrammer le subconscient » et donc d’obtenir des résultats sérieux et durables.

J’ai démarré les séances avec Olivier Laruelle il y a un mois et demi et j’ai réalisé 3 séances dont les objectifs ont été les suivants :

Séance 1 : « Je veux exprimer librement mes besoins et mes envies. »

Séance 2 : « Je veux considérer que ma vie, mon corps et ma personnalité ont de la valeur. »

Séance 3 : « Je veux agir dans le respect de mes limites sans me suradapter aux autres. »

Les séances ont été agréables et denses, pourtant j’avais des difficultés à identifier et évaluer leur impact sur moi et sur ma vie. On ne quantifie pas l’estime de soi comme on quantifie le nombre de cigarettes non fumées ou le nombre de kilos perdus. Jusqu’à cette soirée où j’ai pris conscience des nouvelles ressources que j’avais acquises. Elles sont apparues à mes yeux comme une évidence.

J’ai rencontré Grégory lors d’une soirée. On discute, on rigole, on accroche bien ensemble. Quelques jours plus tard il me propose de prendre un verre avec lui. Voici le récit de ce qui s’est passé.

« On se retrouve dans un café. Il est habillé avec beaucoup d’élégance et de raffinement, il me fait penser à un mannequin de Calvin Klein directement sorti de vitrine. Je suis féminine et élégante mais de toute évidence, il y a un décalage de standing vestimentaire entre nous, je le remarque mais ne m’en préoccupe pas. Il me parle de sa vie professionnelle et amoureuse, m’interroge sur la mienne. Je lui parle de moi et de ma vie avec sérénité, je prends mon temps. Je me sens à l’aise avec lui et dans la discussion. On parle de sujets sérieux, de sujets plus légers, on rit. Je lui exprime mes attentes vis-à-vis d’une relation amoureuse. On prend sa voiture pour aller dîner dans un restaurant qu’il connaît. Je ne sais pas où on va ni de quel genre de restaurant il s’agit, je laisse faire. Pour commander il me demande « Tu me fais confiance ? », je hoche la tête. Je ne sais toujours pas ce que je vais manger mais je suis sereine.  Après le repas, je demande à Grégory de me ramener chez moi. Dans la voiture, je reviens sur un sujet important pour moi et lui exprime mon opinion. Puis nous resterons dans un silence détendu le reste du trajet. »

Qui ne me connaît pas peut penser qu’il s’agit du récit banal d’un premier rendez-vous banal entre un homme et une femme. Mais voici à quoi aurait ressemblé la soirée si j’avais rencontré Grégory quelques mois plus tôt.

« On se retrouve dans un café. Il est habillé avec beaucoup d’élégance et moi j’ai l’impression d’être une pouilleuse. Le décalage vestimentaire me met mal à l’aise. Je me demande pourquoi il a invité à une fille comme moi à prendre un verre. Assis dans le café, je lui pose des questions pour le faire parler et ne pas avoir à parler de moi, et lorsque je n’arrive plus à esquiver le sujet de ma vie personnelle, j’évite soigneusement les passages difficiles. Je survole la description de ma vie, de toute façon elle n’est pas très intéressante et j’ai peur de perdre son attention et son intérêt. Comme je ne me sens pas le droit d’avoir des relations amoureuses, je ne sais même pas ce dont j’ai envie exactement, donc il m’est difficile de l’exprimer. Je suis rouge comme une tomate, j’affiche un sourire digne d’une publicité Colgate pour masquer ma gêne et je fais des blagues pour que mon interlocuteur passe une bonne soirée. Au moment de monter dans sa voiture, le peu d’assurance que j’ai s’effondre à l’intérieur de moi-même : il a la voiture du même standing que les fringues… Je n’y avais pas pensé, je suis vraiment con… c’était évident. J’ai peur d’abîmer la voiture en m’asseyant dedans alors je ne m’adosse pas au siège, comme çà j’ai l’impression de ne pas être vraiment assise dedans. Dans la voiture, je demande « Où on va ? » et au restaurant, à la question « Tu me fais confiance ? », je réponds « Tu veux commander quoi ? ». A la fin du repas je demande au serveur où est la station de métro la plus proche. Si Grégory me ramène quand même, dans la voiture, je voudrais aborder un sujet important pour moi mais j’ai une énorme boule dans la gorge, alors je n’en parle pas, je me dis que je le ferai plus tard, tout en sachant que je ne le ferai jamais. Je suis trop nulle de toute façon… Ce sujet important dans ma tête c’est comme un caillou dans ma chaussure, il m’empêche d’avancer. Alors je parle de sujets futiles pour éviter le moindre silence et essayer d’être intéressante. Une fois seule, je me dis que si je ne savais pas que j’étais nulle, je venais d’en avoir la preuve ce soir-là.»

Ce récit peut prêter à sourire mais tout cela je l’ai vécu. Pas ce soir-là, mais avec je l’ai vécu dans d’autres rendez-vous, avec d’autres personnes.

Aujourd’hui j’ai vraiment pris conscience du chemin parcouru, de ce que l’hypnose m’a apporté en termes d’estime de moi et les changements de comportements que cela m’a amené. Je me sens infiniment plus solide, affirmée, confiante et sereine. Je prends ma place avec les autres et notamment avec les hommes, j’agis selon ce qui est important pour moi et je lâche plus facilement prise sur les points qui ne sont pas importants pour moi.

Par ce témoignage, je souhaite encourager toutes celles et ceux qui désirent regagner l’estime d’eux à suivre la même démarche que moi et je leur souhaite de trouver comme moi, le magnifique chemin de l’amour de soi qui est en chacun de nous.

 

Laure

Le 20 Octobre 2016

2 réponses
  1. Olivier Laruelle dit :

    Bonjour JP.Matinez
    Merci pour ton message. l’amnésie porte sur le contenu de la transe. la finalité est que le conscient ne vienne pas parasiter le travail de l’inconscient. J’indique que le conscient retiendra ce qui est utile, et que tout le reste il peut l’oublier, l’inconscient ayant tout engramme en arrière plan…
    Belle journée. Olivier

  2. martinez dit :

    Bonjour Olivier et merci pour le partage,

    Le séquençage de ton accompagnement est riche d’enseignement. J’ai une petite question sur l’amnésie en fin de séance. Elle porte sur quel sujet de l’accompagnement ? Par exemple lorsque je réalise une amnésie cela concerne des suggestions post hypnotiques pour court circuiter le conscient …( un exemple pour un fumeur: dès que tu auras un commencement de début d’envie de fumer ton inconscient fera en sorte que tu es envie de boire de l’eau…)..Vous l’envisagez différemment ?

    Merci bien.

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